Les Femmes qui comptent devant et derrière le guichet. Les femmes dans la banque et la finance XIXe-XXIe siècles


Journées d’études – Le 5 et 6 décembre 2018 – Université Paris Nanterre (Bâtiment Max Weber)

Organisées par Laure Quennouëlle-Corre, CRH/ Grhéco

 

  • Si la place des femmes dans l’univers de la banque et de la finance a déjà fait l’objet de plusieurs travaux en France et à l’étranger, la connaissance de son évolution depuis la fin du XIXe siècle reste encore très lacunaire- en France tout du moins. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité lancer des travaux historiques sur un thème qui touche aussi bien au genre et à l’identité au travail qu’à l’émancipation financière des femmes.
  • Tel qu’il est présenté, le thème – les femmes qui comptent – permet d’étudier les deux facettes d’une même question : le rôle des femmes devant et derrière le « guichet », soit d’une part leur place dans les entreprises de banque et de finance au sens large – sans aller jusqu’à leur présence dans les directions financières des établissements non financiers ; soit d’autre part, les femmes gestionnaires, épargnantes, investisseuses, emprunteuses, qui seront aussi clientes des banques. Les deux axes de travail complémentaires se déclineront selon deux manifestations successives, l’une en 2018 sur les femmes salariées dans la banque et la finance, l’autre en 2019 sur les femmes clientes de ces institutions. Ce programme de recherche entend également prendre en considération l’articulation thématique et chronologique entre les deux dynamiques.

Les « gender studies » ont démarré en France plus tardivement que dans de nombreux pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne notamment) et au sein de celles-ci, la place des femmes sur le marché du travail et dans les entreprises n’a fait l’objet de recherches historiques que depuis une trentaine d’années. C’est en grande partie grâce aux sociologues du travail qui dès les années 1960 tracent plusieurs pistes de recherche et établissent des questionnements sur le genre. L’histoire leur doit beaucoup et les pionnières (Michelle Perrot) ont échangé dans des groupes de recherche pluridisciplinaires (comme le groupe d’histoire des femmes au CRH) dans les années 1970.

Après avoir fait sortir de l’ombre le travail domestique, le travail de femmes d’artisans ou de commerçants, les recherches historiennes ont offert une visibilité sur le salariat féminin (Sylvie Schweitzer, Les femmes ont toujours travaillé). Le terrain est bien défriché sur l’histoire des ouvrières ou des employées aux 19e et 20e siècles. Mais il reste encore beaucoup de zones d’ombre dans le secteur des services – plus particulièrement dans celui de la banque et de la finance. Or, ce secteur a employé beaucoup de femmes depuis la fin du XIXe s., depuis les employées du service des titres jusqu’aux fondés de pouvoir, en passant par les mécanographes et les sténos-dactylos. C’est la raison pour laquelle il nous a semblé intéressant d’organiser cette première rencontre sur le thème de la place des femmes dans ce marché du travail « fermé » que constitue le secteur bancaire et financier.

Pour cette première manifestation de notre programme, le thème « les femmes qui comptent » s’entend donc à double sens : à la fois celles qui font les comptes et celles qui ont de la valeur, qui prennent de l’importance en tant que salariées. Cette première manifestation s’intéresse donc aux femmes qui travaillent derrière les guichets bancaires et financiers, entendus au sens large : banques, services postaux, administrations financières, …

En croisant des approches d’histoire du genre avec celles relevant de l’histoire d’entreprise, d’histoire sociale et du travail, sans oublier l’histoire syndicale, il s’agira de faire un état de la recherche en France sur le personnel féminin en posant trois séries de questions. Quels ont été les obstacles et les accélérateurs de la carrière des femmes dans les banques, plus particulièrement quel a été le rôle de la formation professionnelle ? Y-a-t-il eu des fonctions genrées au sein des établissements et comment ont-elles évolué ? Le «plafond de verre » s’est-il révélé plus bas et plus étroit dans la banque et la finance que dans d’autres secteurs et à partir de quand a-t-il commencé à s’élever ?

Ces trois axes permettront de s’interroger sur les grandes scansions chronologiques du XXe siècle qui ont pu contribuer à forger le marché de l’emploi féminin dans le secteur (guerres, crises, mutations économiques et sociétales) et sur les différenciations éventuelles entre institutions privées et publiques.

Contact

laure.corre@noos.fr

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